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mardi 16 septembre 2008

Eclogen

"Formosum pastor Corydon ardebat Alexin,
delicias domini, nec quid speraret habebat.
tantum inter densas, umbrosa cacumina, fagos
adsidue ueniebat. ibi haec incondita solus
montibus et siluis studio iactabat inani;
'O crudelis Alexi, nihil mea carmina curas?
nil nostri miserere? mori me denique cogis?"

Publius Vergilius Maro - 39 BC



Les Bucoliques

"Le berger Corydon brûlait pour le bel Alexis, les délices de son maître, et il n'avait pas ce qu'il espérait. Seulement il venait tous les jours sous les cimes ombreuses des hêtres épais; là, seul, sans art, il jetait aux monts, aux forêts cette plainte perdue : "O cruel Alexis, tu dédaignes mes chants, tu n'es point touché de ma peine; à la fin, tu me feras mourir."

The Ecloges

"The shepherd Corydon with love was fired
For fair Alexis, his own master's joy:
No room for hope had he, yet, none the less,
The thick-leaved shadowy-soaring beech-tree grove
Still would he haunt, and there alone, as thus,
To woods and hills pour forth his artless strains.
"Cruel Alexis, heed you naught my songs?
Have you no pity? you'll drive me to my death. "

lundi 15 septembre 2008

Mille et tre

"Mes amants n’appartiennent pas aux classes riches :
Ce sont des ouvriers faubouriens ou ruraux,
Leurs quinze et leurs vingt ans sans apprêts sont mal chiches
De force assez brutale et de procédés gros.

Je les goûte en habits de travail, cotte et veste ;
Ils ne sentent pas l’ambre et fleurent de santé
Pure et simple ; leur marche un peu lourde, va preste
Pourtant, car jeune, et grave en l’élasticité ;

Leurs yeux francs et matois crépitent de malice
Cordiale et des mots naïvement rusés
Partent non sans un gai juron qui les épice
De leur bouche bien fraîche aux solides baisers ;

Leur pine vigoureuse et leurs fesses joyeuses
Réjouissent la nuit et ma queue et mon cul ;
Sous la lampe et le petit jour, leurs chairs joyeuses
Ressuscitent mon désir las, jamais vaincu.[...]"

Paul Verlaine - 1891


Mille et tre

"My loves do not belong to the rich classes:
These are workers or rural suburbans,
Their fifteen and twenty years without affectations are evil chick
Of rather brute force and rough behaviours.

I taste them in work clothes, coat and jacket;
They do not smell amber but smell health
Pure and simple, their moves a bit heavy goes swift
Nevertheless, because young and serious in elasticity;

Their eyes frank and sly crackle with cordial
Malice and words naively cunning
Are shout not without a gay oath spicing them
From their fresh mouths full of solid kisses;

Their strong dick and happy buttocks
Celebrate the night and my cock and my ass;
Under the lamp and the dawn, their happy flesh
Raised my tired desire, never defeated.[...]"*

dimanche 14 septembre 2008

Journal du voleur

"Un autre de mes amants orne de rubans sa toison intime. Un autre a tressé pour la tête de noeud de son ami, minuscule, une couronne de pâquerettes. Avec ferveur un culte phallique se célèbre en chambre, derrière le rideau des braguettes boutonnées. Si, profitant du trouble, une imagination foisonnante s'en empare quelles fêtes, où seront conviés les végétaux, les animaux, se dérouleront et d'elles, au-dessus d'elles, quelle spirutalité ! Moi, dans les poils de Java j'arrange les plumes qui s'échappent la nuit de l'oreiller crévé. Le mots couilles est une rondeur dans ma bouche."

Jean Genet - 1949


The thief's Journal

"One of my other lovers adorns his bush with ribbons. Another once wove a tiny wreath of daisies for the tip of his friend's prick. A phallic cult is zealously celebrated in private, behind the curtain of buttoned flies. If a rich imagination, availing itself of the disorder, should turn it to account, just imagine the revels—to which plants and animals will be invited—that will ensue and the spirituality that will emanate from them and above them! I arrange in Java's bush the feathers that escape at night from the crushed pillow. The word balls is a roundness in my mouth."

jeudi 21 août 2008

Si le grain ne meurt

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mardi 19 août 2008

L'idole - Sonnet du Trou du Cul

"Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu’au cœur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s’aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos "

Arthur Rimbaud & Paul Verlaine



The idol - Sonnet to an Asshole

"Dark and wrinkled like a purple pink
It breathes, nestling humbly among the still-damp
Froth of love that follows the gentle slope
Of the white buttocks to its crater's edge.

Filaments like tears of milk
Have wept in the cruel wind which pushes them back,
Across little clots of reddish marl
To lose themselves where the slope called them.

My dream has often kissed its opening;
My soul, jealous of physical coitus,
Has made this its fawn-coloured tear-bottle and its nest of sobs.

It is the rapturous olive and the wheedling flute,
The tube from which the heavenly burnt almond falls:
Feminine Canaan enclosed among moistures. "


dimanche 27 juillet 2008

Journal

"Nu, il est admirable d'aisance ; c'est vêtu qu'il parait gêné. Dans ses vêtements d'ouvrier, à peine le reconnaissais-je. Sans doute aussi doit-il à l'habitude de la nudité l'éclat mat et égal de sa chair. Sa peau, partout, est blonde et duveteuse[...]"

André Gide - 1902



Diary

"Naked, he is admirable of ease but when dressed, he appears embarrassed. In his worker clothes, I hardly recognize him. Undoubtidly, the habit of nudit provides him a matt and equal shine of his flesh. His skin, everywhere, is blonde and downy."*

lundi 21 juillet 2008

I'm the boy

"I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Ombre parmi les ombres
Des nocturnes torrides
Je me perds dans le nombre
Pour atteindre au sordide

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Masque parmi les masques
Tragiques ou d'amertume
Le cuir noir et les casques
Scintillant sous la lune

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Âme parmi les âmes
Fébriles dans leurs angoisses
Lorsque brille une lame
Ou un regard salace

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Homme parmi les hommes
Dans le noir ou l'ivoire
Recherchant les symptômes
D'orgasmes illusoires

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Putain parmi les putes
J'enfonce dans la fange
Où s'étreignent les brutes
Et se saignent les anges

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité
"

Serge Gainsbourg - 1984



I'm the boy

"I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Shadow among the shadows
Of the torrid nights
I lose myself in crowds
To achieve the sordid

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Mask among the masks
Tragic or bitter
The black leather and the helmets
Sparkling under the moon

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Soul among the souls
Feverish in their anguishes
When shines a blade
Or a salacious gaze

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Man among men
In black or ivory
Looking for symptoms
Of illusory climax

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité

Hooker among the whores
I sink in the muck
Where hug the brute
And bleed themselves the angels

I'm the boy that can enjoy invisibility
I'm the boy le garçon qui a le don d'invisibilité
"*

dimanche 20 juillet 2008

Si le grain ne meurt

"Mais, saisissant la main qu’il me tendait, je le fis rouler à terre. Son rire aussitôt reparut. Il ne s’impatienta pas longtemps aux nœuds compliqués des lacets qui lui tenaient lieu de ceinture ; sortant de sa poche un petit poignard, il en trancha d’un coup l’embrouillement. Le vêtement tomba ; il rejeta au loin sa veste, et se dressa nu comme un dieu. Un instant il tendit vers le ciel ses bras grêles, puis, en riant, se laissa tomber contre moi. Son corps était peut-être brûlant, mais parut à mes mains aussi rafraîchissant que l’ombre. Que le sable était beau ! Dans la splendeur adorable du soir, de quels rayons se vêtait ma joie !… "

André Gide - 1926



If it die

"But, seizing the hand that he lended me, I made him roll on the ground. His laugh immediately reappeared. He did not get impatient for long with the complicated knots of the laces which he used in place of belt; taking out of his pocket a small dagger he cut trough the all. The garment fell; he rejected off his jacket, and drew naked as a god. One moment he shot his slender arm skyward, then laughing, dropped against me. His body was certainly burning, but appeared in my hands as refreshing as the shadows. What lovely the sand was! In the splendour of a lovely evening, my joy was bejeweled with such rays!…"*

samedi 19 juillet 2008

Satyricon

"Sed non fuit contentus iteratione ephebus plenae maturitatis et annis ad patiendum gestientibus. Itaque excitavit me sopitum et: "Numquid vis?" inquit. Et non plane iam molestum erat munus. Vtcunque igitur inter anhelitus sudoresque tritus, quod voluerat accepit, rursusque in somnum decidi gaudio lassus. Interposita minus hora pungere me manu coepit et dicere: "Quare non facimus?"".

Petronius - circa 60



Le Satyricon

"Mais l'éphèbe ne se satisfit pas d'une simple répétition : il était en pleine fleur de l'âge et ne brulait que du désir de se prêter au plaisir. Ainsi m'éveilla-t-il dans mon sommeil et : "tu ne veux plus rien ?" me dit-il. Le présent n'était certes pas encore tout à fait dépourvu de charmes. Aussi, me démenant, soupirant et suant, je lui donnait ce qu'il voulait, et je me laissais de nouveau tomber dans le sommeil, brisé de plaisir. Moins d'une heure plus tard, le voici qui me pique avec le doigt et me dit : "pourquoi ne le faisons-nous plus ?""

The Satyricon

"But the stripling was not satisfied with only one repetition, all ripe for love as he was and just at the time of life for passive enjoyment. So he woke me up from my slumbers, and, 'Anything you'd like, eh?' said he. Nor was I, so far, indisposed to accept his offer. So working him the best ever I could, to the accompaniment of much panting and perspiration, I gave him what he wanted, and then dropped asleep again, worn out with pleasure. Less than an hour had passed before he started pinching me and asking, 'Eh! why are we not at work?'"


mercredi 16 juillet 2008

Le Livre blanc

"Un matin d'août, je rôdais dans le parc avec une carabine chargée d'amorces et, jouant au chasseur, dissimulé derrière une haie, je guettais le passage d'un animal, lorsque je vis de ma cachette un jeune garçon de ferme conduire à la baignade un cheval de labour. Afin d'entrer dans l'eau et sachant qu'au bout ne s'aventurait jamais personne, il chevauchait tout nu et faisait s'ébrouer le cheval à quelques mètres de moi. Le hâle de sa figure, son cou, ses bras, ses pieds, contrastant avec avec la peau blanche, me rappelait les marrons d'Inde qui jaillissent de leurs cosse, mais ces taches n'était pas seules. Une autre attirait mes regards, au milieu de laquelle une énigme se détachait dans ses moindres détails."

Jean Cocteau - 1928


The white book

"On a morning of August, I lurked in the park with a rifle loaded with caps, and playing the hunter, hidden behind a hedge, I watched out the passign of an animal, when I saw from my hideout a young farm boy leading a workhorse to bathing. To enter the water and knowing that no one ever venture at the end, he rode naked and made the horse wash a few metres from me. The tan on his face, neck, arms, feet, contrasting with the white skin, reminded me of chestnuts when emerging from their pod, but these dapples were not alone. Another catch my glances, in the middle of which an enigma distinguinshed itself in its smallest details."*



lundi 14 juillet 2008

Les Mauvais Anges

"La salive de Gérard avait une fraicheur d'eau, mais son baiser la rendait brûlante. D'une voix tellement basse que je dus le lui faire répéter, il me dit : "tu es beau." Mon regard lui répondit combien je l'admirais : ce furent nos seuls serments d'amour."

Eric Jourdan - 1955




The evil angels

"The saliva of Gerard was as fresh as water, but his kiss made it burning. In a voice so low that I had him repeat, he said: 'You are beautiful'. My eyes told him how much I admired him: these were our own and unique oaths of love."*

Der Tod in Venedig

"Sein honigfarbenes Haar schmiegte sich in Ringeln an die Schlaefen und in den Nacken, die Sonne erleuchtete den Flaum des oberen Rueckgrates, die feine Zeichnung der Rippen, das Gleichmass der Brust traten durch die knappe Umhuellung des Rumpfes hervor, seine Achselhoehlen waren noch glatt wie bei einer Statue, seine Kniekehlen glaenzten, und ihr blaeuliches Geaeder liess seinen Koerper wie aus klarerem Stoffe gebildet erscheinen."

Thomas Mann - 1912




La Mort à Venise

"Sa chevelure ambrée glissait en boucle carressantes sur ses tempes et le long de sa nuque ; le soleil faisait briller le duvet entre ses omoplates ; le dessin délicat des côtes, la symétrie de la poitrine apparaissaient à travers la peau collée au thorax ; les aisselles étaient encore lisses comme celle d'une statue, le creux des jarrets luisant et traversé d'un réseau de veines bleuâtres auprès desquelles le reste du corps semblait fait d'une matière plus lumineuse encore."


Death in Venice

"His honey-colored locks caressed his temples and the nape, the Sun illuminated the fluff of his upper spine, the finely drawn rips, the symmetry of the breasts was accentuated by his tight-fitting bathing suit, his armpits were still bare as in a statue, the hollows of his knees were shining, and their blue maze of veins made the entire body seem to be fashioned from some translucent substance."



vendredi 13 juin 2008

Naked Lunch

"Mark begins to undress with fluid movements, hip-rolls, squirm out off his turtle-neck sweater revealing his beautiful white torso in a mocking belly dance. Johnny dead pan, face frozen, breath quick, lips dry, removes his clothes and drops them on the floor. Mark Lets his shorts fall on one foot. He kicks like a chorus-girl, sending the shorts across the room. Now he stands naked, his cock stiff, straining up and out. He runs slow eyes over Johnny's body. He smiles and licks his lips"

William S. Burroughs - 1959




Le Festin Nu

"Mark commence à se déshabiller en mouvements fluides, roule des hanches, se tortille en dehors de son pul à col roulé révélant son beau torse blanc dans une danse du ventre moqueuse. Johnny gueule figée, face gelée, le souffle court, les lèvres sèches, retire ses vêtements et les jette au sol. Mark laisse son short tomber sur un pied. Il donne un coup de pied telle une danseuse de cabaret, envoyant le short à travers la pièce. Désormais, il se dresse nu, sa queue raide, dressée et tendue. Il parcours lentement du regard le corps de Johnny. Il a un sourire et se lèche les lèvres "*

lundi 9 juin 2008

Le Ramier

"Par instants, interrompant nos jeux, je restais, soulevé, penché vers lui, dans une sorte d'angoisse, d'ébahissement, d'éblouissement de sa beauté. Non, pensais-je, même Luigi à Rome, même Mohammed à Alger n'avaient pas à la fois tant de grâce avec tant de force, et l'amour n'obtenait pas d'eux des mouvements si passionnés et si délicats"

André Gide - 1907




The Woodpigeon

"From time to time, interrupting our games, I stayed raised, bended over him in a sort of anguish, of stupefaction, of dazzle toward his beauty. No, I thought, even Luigi in Rome, even Mohammed in Algiers did not have both such grace and such strength, and love did not give them access to movements such passionate and such delicate."*

dimanche 8 juin 2008

Petite prose

"Mais nulle part l'invitation à l'amour n'est aussi douce ni aussi obsédante que sur ces rivages. L'étranger nouveau venu est aussitôt abordé par les garçons, interrogé, flairé, palpé, moqué si ses réponses ("Ta femme, elle est loin ? ") sont par trop évasives. C'est la leçon particulière de l'amour sur la plage. Ô combien de maris teutons, venus en toute innocence faire trempette avec bobonne et mouflets se sont trouvés embarqués sous les cyprès dans de surprenantes embardées !
[...] C'est le "Bois de Venus", une retraite, une folie - comme on disait sous Louis XV - où les mandragores pulluleraient s'il était vrai que ces plantes poussent où tombe le sperme. Trois garçons y tiennent remise. Un Blanc, un brun et un Noir. Ils vous accueillent à tour de rôle, n'admettant d'être rebutés que par préférence pour l'un des deux autres."

Michel Tournier - 1986




Small prose

"But nowhere the invitation to love is as sweet nor as haunting as on these shores. The foreign newcomer is immediately approached by the boys, interviewed, smelled out, touched, teased if his answers - "Your wife, is she far? "- are too evasive. This is the lesson of love on the beach. Oh how many Teuton husbands, came innocentely to have a quick dip with little housewife and kids found themselves taked away under the cypress trees in surprising yaw!
[...] This is the "Bois de Venus ", a retreat, a folly - as said under Louis XV - where mandragores would swarmed if it were true that these plants grow where sperm falls. Three boys burn around. A White, a brown and a Black. They welcome you in turn, allowing to be rejected only by preference for the other two. "*

Les Nourritures terrestres

"Certes, tout ce que j’ai rencontré de rire sur les lèvres, j’ai voulu l’embrasser ; de sang sur les joues, de larmes dans les yeux, j’ai voulu le boire ; mordre à la pulpe de tous les fruits que vers moi penchèrent des branches."

André Gide - 1897




The fruits of the earth

"Certainly, all that I came accross of laughter on the lips, I wanted to kiss it; blood on the cheeks, tears in the eyes, I wanted to drink; biting the flesh of all fruit that over me branches bent. "*

samedi 7 juin 2008

Mémoires d'Hadrien

"Il avait d'un jeune chien les capacités infinies d'enjouement et d'indolence, la sauvagerie, la confiance. Ce beau lévrier avide de caresses et d'ordres se coucha sur ma vie. J'admirais cette indifférence presque hautaine pour tout ce qui n'était pas son délice ou son culte : elle lui tenait lieu de désintéressement, de scrupules, de toutes les vertus étudiées et austères."

Marguerite Yourcenar -1958




Memoirs of Hadrian

"As a young dog he shows infinite capacity of playfulness and indolence, savagery, trust. This beautiful greyhound hungry of caresses and orders lay down on my life. I admired this haughty indifference to almost everything which was not his religion or his delight: it took the place of disinterestedness, scruples, all the virtues studied and austere."*

Le Livre blanc

"Un des élèves, nommé Dargelos, jouissait d'un grand prestige à cause d'une virilité très au-dessus de son âge. Il s'exhibait avec cynisme et faisait commerce d'un spectacle qu'il donnait même à des élèves d'une autre classe en échange de timbres rares ou de tabac. Les places qui entouraient son pupitre étaient des places de faveur. Je revois sa peau brune. A ses culottes très courtes et à ses chaussettes retombant sur ses chevilles, on le devinait fier de ses jambes. Nous portions tous des culottes courtes, mais à cause de jambes d'homme, seul Dargelos avait les jambes nues."

Jean Cocteau - 1928




The white Book


"One of the pupils named Dargelos enjoyed great prestige because of a virility far above his age. He exposed himself with cynicism and trade a performance gave even for students from another class in exchange for rare stamps or tobacco. The places around his desk were places of favour. I remember his brown skin. At the sight of his very short pants and his socks drooping on his ankles, one guessed he was proud of his legs. We were all wearing short pants, but because of man's legs, only Dargelos had bare legs."*