lundi 15 septembre 2008

Mille et tre

"Mes amants n’appartiennent pas aux classes riches :
Ce sont des ouvriers faubouriens ou ruraux,
Leurs quinze et leurs vingt ans sans apprêts sont mal chiches
De force assez brutale et de procédés gros.

Je les goûte en habits de travail, cotte et veste ;
Ils ne sentent pas l’ambre et fleurent de santé
Pure et simple ; leur marche un peu lourde, va preste
Pourtant, car jeune, et grave en l’élasticité ;

Leurs yeux francs et matois crépitent de malice
Cordiale et des mots naïvement rusés
Partent non sans un gai juron qui les épice
De leur bouche bien fraîche aux solides baisers ;

Leur pine vigoureuse et leurs fesses joyeuses
Réjouissent la nuit et ma queue et mon cul ;
Sous la lampe et le petit jour, leurs chairs joyeuses
Ressuscitent mon désir las, jamais vaincu.[...]"

Paul Verlaine - 1891


Mille et tre

"My loves do not belong to the rich classes:
These are workers or rural suburbans,
Their fifteen and twenty years without affectations are evil chick
Of rather brute force and rough behaviours.

I taste them in work clothes, coat and jacket;
They do not smell amber but smell health
Pure and simple, their moves a bit heavy goes swift
Nevertheless, because young and serious in elasticity;

Their eyes frank and sly crackle with cordial
Malice and words naively cunning
Are shout not without a gay oath spicing them
From their fresh mouths full of solid kisses;

Their strong dick and happy buttocks
Celebrate the night and my cock and my ass;
Under the lamp and the dawn, their happy flesh
Raised my tired desire, never defeated.[...]"*

dimanche 14 septembre 2008

Journal du voleur

"Un autre de mes amants orne de rubans sa toison intime. Un autre a tressé pour la tête de noeud de son ami, minuscule, une couronne de pâquerettes. Avec ferveur un culte phallique se célèbre en chambre, derrière le rideau des braguettes boutonnées. Si, profitant du trouble, une imagination foisonnante s'en empare quelles fêtes, où seront conviés les végétaux, les animaux, se dérouleront et d'elles, au-dessus d'elles, quelle spirutalité ! Moi, dans les poils de Java j'arrange les plumes qui s'échappent la nuit de l'oreiller crévé. Le mots couilles est une rondeur dans ma bouche."

Jean Genet - 1949


The thief's Journal

"One of my other lovers adorns his bush with ribbons. Another once wove a tiny wreath of daisies for the tip of his friend's prick. A phallic cult is zealously celebrated in private, behind the curtain of buttoned flies. If a rich imagination, availing itself of the disorder, should turn it to account, just imagine the revels—to which plants and animals will be invited—that will ensue and the spirituality that will emanate from them and above them! I arrange in Java's bush the feathers that escape at night from the crushed pillow. The word balls is a roundness in my mouth."

vendredi 5 septembre 2008

Récidive

"Le beau brun à dix sept ans, ça doit être très gros, très gonflé, très gluant, ça doit bousiller mes boyaux quand il s’enfonce et quand on est sur le ventre le sang descend dans le ventre et la bite devient encore plus large, plus longue et plus dure, il faudrait qu’il m’encule doucement, oui, et en crachant beaucoup de salive..."

Tony Duvert - 1967




Seconde offence

"The handsome brown guy at seventeen years old, it must be very big, very swollen, very slimy, it must bust my guts when he is entering and when we were on the stomach the blood get down to the stomach and the dick becomes even larger, longer and harder, it should fuck my arse slowly, yes, while spiting a lot of saliva..."*

dimanche 31 août 2008

Les météores

"On m'avait d'abord jugé peu "comestible" en raison de ma maigreur, mais Raphaël - qui faisait autorité en matière érotique - m'avait réhabilité en louangeant mon sexe que j'avais à l'époque relativement long et dodu, dont la douceur soyeuse - disait-il - contrastait avec la sécheresse de mes cuisses et de mes hanches. "Une grappe de muscat juteux accroché dans un échalas calciné", affirmait-il, avec un lyrisme qui me flattait et me faisait rire. A ces charmes discrets, s'ajoutait, il est vrai, une aptitude à sucer fort et bien, qui tenait à mon goût que j'ai toujours eu pour la liqueur séminale."

Michel Tournier - 1975


The meteors

"I was first regarded as hardly "edible" because of my thinness, but Raphael - who was an authority on erotic - rehabilitated me praising my sex which I had at the time relatively long and fleshy, whose silky smoothness - he said - contrasted with the dryness of my legs and my hips. "A bunch of juicy muscat grape on a sunbaked beanpole", he said, with a lyricism that flattered me and that I was laughing. To these discrete charms was added, it is true, an ability to suck strongly and well, which was due to my taste that I always has for the seminal liquor. "*

jeudi 21 août 2008

Si le grain ne meurt

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mardi 19 août 2008

L'idole - Sonnet du Trou du Cul

"Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu’au cœur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s’aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos "

Arthur Rimbaud & Paul Verlaine



The idol - Sonnet to an Asshole

"Dark and wrinkled like a purple pink
It breathes, nestling humbly among the still-damp
Froth of love that follows the gentle slope
Of the white buttocks to its crater's edge.

Filaments like tears of milk
Have wept in the cruel wind which pushes them back,
Across little clots of reddish marl
To lose themselves where the slope called them.

My dream has often kissed its opening;
My soul, jealous of physical coitus,
Has made this its fawn-coloured tear-bottle and its nest of sobs.

It is the rapturous olive and the wheedling flute,
The tube from which the heavenly burnt almond falls:
Feminine Canaan enclosed among moistures. "


lundi 18 août 2008

Les météores

"Nous nous enlacerons. La racaille hétéro imagine de nécessaire pénétrations, une mécanique orificielle imitée de ses fécondations. Tristes cloportes ! Chez nous tout est possible, rien n'est nécessaire. A l'opposé de vos amours prisonnières du gaufrier reproductif, les nôtres sont le champ de toutes les innovations, de toutes les inventions, de toutes les trouvailles. Nos pénis bandés et recourbés comme des lames de sabres se croisent, se heurtent, s'aiguisent l'un à l'autre."

Michel Tournier - 1975




The meteors


"We will embraced ourselves. The scum of hetero imagine necessary penetrations, an orificial mechanics imitated from its fertilisation. Sad woodlice! With us everything is possible, nothing is necessary. In contrast to your loves prisoner of the reproductive waffle iron, ours are the realm of all innovations, of all inventions, of all finds. Our penis tensed and curved like saber blades are crossing, colliding, sharping one to another."*